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Mobile money dans l’UEMOA : les règles changent

James de Push Consult
James de Push Consult
Push Consult
03/11/2026
5 min de lecture
Mobile money dans l’UEMOA : les règles changent

Depuis le 2 novembre, les transferts interopérables suivent de nouvelles règles

Les transferts d’argent par mobile money occupent une place importante dans les échanges quotidiens en Afrique de l’Ouest. Ils permettent à des particuliers, des commerçants et des petites entreprises d’envoyer et de recevoir des fonds sans passer systématiquement par un guichet bancaire.

Dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), une nouvelle étape a été franchie le 2 novembre 2026. La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a rendu applicables de nouvelles conditions pour les transferts interopérables de monnaie électronique entre personnes physiques, avec un rôle central confié à la plateforme PI-SPI.

Pour les utilisateurs, les changements les plus visibles concernent la gratuité de certains transferts nationaux et la réception des fonds. Pour les entreprises, l’enjeu est plus large : comprendre les parcours de paiement, distinguer les types d’opérations et adapter les informations communiquées aux clients.

PI-SPI : une infrastructure commune pour les paiements instantanés

La Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI) a été lancée le 30 septembre 2025. Dans son communiqué du 2 octobre 2026, la BCEAO indique que la plateforme comptait 175 participants connectés et permettait à plus de 38 millions de personnes d’accéder aux services de paiement instantané.

Depuis le 2 novembre 2026, les transactions de monnaie électronique interopérables au sein de l’UEMOA doivent obligatoirement passer par PI-SPI. L’objectif annoncé par la BCEAO est de renforcer l’interopérabilité, d’élargir l’accès aux paiements instantanés et de faire de cette plateforme une infrastructure centrale pour les transferts concernés.

Concrètement, l’interopérabilité vise à permettre des transferts entre des comptes ou portefeuilles relevant d’établissements différents, sans imposer à l’utilisateur de rester dans un réseau fermé. La disponibilité effective d’un service dépend toutefois des établissements participants et des fonctions qu’ils ont activées.

Jusqu’à 8 000 FCFA de transferts nationaux gratuits par jour

La BCEAO prévoit la gratuité des transferts nationaux entre personnes physiques lorsque leur montant cumulé quotidien ne dépasse pas 8 000 FCFA par utilisateur et par participant. Le nombre d’opérations n’est pas limité à l’intérieur de ce seuil.

Cela signifie qu’un utilisateur peut effectuer plusieurs petits transferts au cours d’une même journée, tant que leur cumul reste inférieur ou égal à 8 000 FCFA auprès du participant concerné. Le seuil s’apprécie sur le cumul quotidien, et non sur chaque transfert pris séparément.

Au-delà de 8 000 FCFA de cumul quotidien, des frais peuvent être appliqués. Le communiqué indique un taux compris entre 0 et 0,8 % du montant hors taxes du transfert. Le tarif effectivement facturé doit donc être vérifié auprès de l’établissement utilisé : le plafond réglementaire ne signifie pas que chaque opérateur appliquera automatiquement le taux maximal.

La BCEAO estime que le seuil de gratuité couvre 75 % des transactions de monnaie électronique dans l’UEMOA. Il s’agit d’une estimation communiquée par l’institution, et non d’une mesure de l’adoption future de la réforme.

Recevoir de l’argent reste gratuit

La réception des transferts est gratuite, sans limite de montant ni de nombre d’opérations, selon le communiqué de la BCEAO.

Cette disposition peut simplifier certains usages pour les bénéficiaires : recevoir un transfert d’un proche, un remboursement ou un paiement entre particuliers. Elle ne doit toutefois pas être confondue avec la tarification d’un retrait d’espèces, d’un paiement marchand ou d’un règlement de facture, qui ne sont pas tous couverts par la mesure décrite dans ce communiqué.

Pour éviter les malentendus, les utilisateurs doivent consulter les conditions tarifaires de leur banque, de leur établissement de monnaie électronique ou de paiement, notamment lorsqu’ils passent d’un transfert entre personnes à une autre opération.

Les transferts entre pays de l’UEMOA : une étape prévue pour juin 2027

Le communiqué du 2 octobre annonce également que les conditions appliquées aux transferts de monnaie électronique entre les pays de l’UEMOA seront identiques à celles des transferts nationaux à partir du 1er juin 2027.

Cette échéance est importante pour les commerçants, les familles et les petites entreprises qui réalisent des échanges dans plusieurs pays de l’Union. Elle pourrait faciliter certains flux transfrontaliers, à condition que les établissements concernés rendent les services disponibles et que les utilisateurs comprennent les conditions applicables.

Il faut cependant distinguer deux dates : l’obligation de passer par PI-SPI pour les transactions interopérables dans l’Union et les nouvelles règles nationales s’appliquent depuis le 2 novembre 2026 ; l’alignement tarifaire des transferts entre pays est prévu pour le 1er juin 2027.

Ce que les entreprises doivent vérifier

Les nouvelles règles ne concernent pas seulement les particuliers. Les entreprises qui encaissent, remboursent ou transfèrent des fonds doivent vérifier la façon dont leurs prestataires de paiement appliquent les évolutions.

1. Cartographier les opérations

Séparez les transferts entre personnes, les encaissements marchands, les retraits, les remboursements et les règlements de factures. Chaque opération peut relever de règles et de frais différents.

2. Vérifier les frais réellement appliqués

Consultez les conditions tarifaires des banques, établissements de monnaie électronique et prestataires de paiement que vous utilisez. Ne publiez pas une promesse de gratuité générale sur la seule base du seuil de 8 000 FCFA.

3. Mettre à jour l’information client

Si votre entreprise communique sur les frais, les délais ou les moyens de paiement acceptés, vérifiez que les informations restent exactes. Une communication imprécise peut créer des litiges au moment de la transaction.

4. Contrôler le rapprochement comptable

Vérifiez que les références de transaction, les notifications et les relevés permettent de rapprocher correctement les encaissements et les remboursements. L’interopérabilité ne dispense pas d’un suivi comptable rigoureux.

5. Tester avant de modifier vos parcours

Effectuez des tests avec les établissements concernés, sur les opérations réellement proposées à vos clients. Documentez les cas d’échec, les délais de confirmation et les procédures de support.

Une évolution importante, mais pas la fin de tous les frais de paiement

La réforme de la BCEAO marque une étape pour l’interopérabilité des transferts de monnaie électronique dans l’UEMOA. Elle fixe un seuil de gratuité pour certains transferts nationaux, rend la réception gratuite et impose le passage des transactions interopérables par PI-SPI.

Mais elle ne signifie pas que tous les paiements numériques deviennent gratuits, ni que tous les services marchands changent automatiquement de tarification. Les entreprises doivent distinguer les opérations concernées, consulter les conditions de leurs prestataires et informer correctement leurs clients.

Le prochain rendez-vous à suivre est le 1er juin 2027, date prévue pour l’application de conditions tarifaires identiques aux transferts entre pays de l’UEMOA et aux transferts nationaux.

Et chez Push Consult ?

Si ton entreprise encaisse en ligne ou utilise plusieurs moyens de paiement, Push Consult peut t’aider à cartographier les parcours clients et à concevoir un outil sur mesure pour mieux suivre les transactions. Notre offre Relais Digital peut accompagner la maintenance et la sécurité des sites ou applications qui portent ces opérations. Pour expliquer les changements à tes clients, Push AI Studio peut aussi aider à produire des contenus et des vidéos pédagogiques adaptés à tes canaux. Écris-nous : commercial@pushconsult.net

Sources fiables

#Général #Mobile Money #UEMOA #BCEAO #PI-SPI #FinTech
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